Médiation citoyenne: régler à l’amiable les chicanes de voisins

 

Samantha Velandia/TC MediaJulie Pouliot, intervenante sociale et médiatrice de Trajet.

Que ce soit un arbre envahissant, du bruit incessant ou une clôture mal posée, les sources de conflits entre voisins sont nombreuses dans une métropole comme Montréal. Pour les régler sans recourir aux instances juridiques, parfois lentes et coûteuses, un organisme de justice alternative propose des séances de médiation citoyenne. Un service utile qui peine pourtant à se faire connaître.

Depuis près de six ans, l’organisme Trajet fait de la médiation afin de régler des chicanes de clôtures. Au fil des années, ce service gratuit a évité à plusieurs Montréalais des visites désagréables chez la Régie du logement ou des démarches juridiques dispendieuses.

«Notre rôle est celui de faciliter les échanges lorsqu’il y a un conflit afin que les parties se sentent écoutées. Lorsque les gens viennent ici, personne ne leur fait la morale. C’est un moment pour se parler et tenter de résoudre les problèmes. Nous sommes des facilitateurs, pas des arbitres», explique Julie Pouliot, intervenante sociale et médiatrice chez Trajet.

Cet organisme fait appel à une vingtaine d’intervenants bénévoles et impartiaux. Leur objectif, trouver un terrain d’entente qui fera l’affaire de tous.

Les causes des tensions sont multiples, mais parmi les plus récurrentes, selon l’organisme, on compte les arbres envahissants, les enfants turbulents, la musique trop forte et la clôture de l’un qui empiète sur le terrain de l’autre.

Des problèmes qui ne sont pas forcément dramatiques, mais qui peuvent certainement saper la vie de quartier.

Les citoyens réticents à la médiation
Claude Neveu et Denise Cloutier, propriétaires d’un immeuble à logements à Rosemont, en savent quelque chose.

«Un de mes locataires avait un conflit avec notre voisin. Il perdurait depuis plusieurs mois, nous ne savions plus quoi faire. Personne ne voulait nous aider. Ni la Régie ni la municipalité ne voulaient s’en mêler», raconte M. Neveu, tout en taisant la nature de la dispute pour protéger l’identité des autres parties.

C’est alors qu’ils se sont tournés vers Trajet. Après trois séances étalées sur quelques semaines, un compromis a été trouvé.

«Tout s’est réglé en évitant des frais juridiques très élevés. Mais sans la médiation, rien de cela n’aurait été possible», conclut M. Neveu.

Pourtant, l’organisme ne reçoit qu’environ 250 demandes de services par année. De ce nombre, seulement une dizaine aboutira à un processus de médiation.

«Souvent, les gens vont nous contacter pour régler un conflit, mais nous ne pouvons pas aller de l’avant parce que leur voisin refuse l’invitation, ne sachant tout simplement pas comment ça marche. Ça leur fait peur. Nous ne pouvons pas forcer l’autre partie à accepter la médiation», souligne Mme Pouliot.

Cette dernière ajoute que bien que la médiation ne peut pas être vue comme une solution miracle, elle améliore nettement la qualité de vie de ceux qui acceptent d’y participer.

«Elle fonctionne, mais notre plus grand défi est de faire connaître notre service.»

Le service de médiation citoyenne de Trajet est offert dans toute l’île de Montréal. Pour contacter l’organisme, il faut appeler au (514) 521-2000, poste 245.

Source : Journal metro

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