Les épiceries zéro déchet font une percée à Montréal

LDepuis que Pauline Poison s’est tournée vers l’épicerie zéro déchet de son quartier, la corvée des ordures a pris une toute nouvelle tournure. « Mes poubelles sont quasi vides maintenant, je les descends moins d’une fois par semaine », confie cette résidante du quartier Villeray qui, depuis quelques mois, fait son épicerie sans emballage chez LOCO, ouverte en juillet.

Souhaitant devenir des acteurs importants dans la lutte contre les changements climatiques, de plus en plus de Québécois comme elle n’hésitent plus à changer leur façon de consommer afin de réduire leur gaspillage alimentaire et leur production de déchets. Un objectif d’autant plus atteignable avec la multiplication des épiceries qui font la guerre aux déchets au Québec.

L’ouverture récente à Montréal, de LOCO, Vrac & Bocaux et de Méga Vrac, des épiceries biologiques valorisant les produits locaux qui cherchent à limiter les produits emballés, a fait des habitués en quelques semaines. Finis le suremballage et les quantités imposées : les clients se servent eux-mêmes directement dans leurs contenants et choisissent la quantité dont ils ont besoin d’huile, de farine, de fruits séchés, et même de shampoing ou de lessive.

Habituée des paniers biologiques et des épiceries en vrac, Pauline Poison est ravie de voir le mouvement zéro déchet faire sa place dans la métropole. « J’ai rapidement arrêté les paniers bios parce qu’on continuait d’emballer mes produits dans des sacs en plastique, même quand je tentais de négocier », déplore-t-elle. Quant aux épiceries en vrac, beaucoup d’entre elles refusent encore que Pauline utilise ses propres récipients, par souci d’hygiène ou d’organisation au moment de la pesée.

Le concept zéro déchet va plus loin selon elle, car il permet en sus au consommateur d’acheter la quantité désirée : « On consomme bio, dans la quantité qu’on veut et on réduit considérablement nos déchets. »

Le concept zéro déchet permet au consommateur d’acheter la quantité désirée, précise Pauline Poison.

 

Un avis que partage Sonia Haddad. « J’aime l’idée qu’on puisse acheter de petits volumes, ça permet d’utiliser seulement ce dont on a besoin pour une recette plutôt que de payer un gros sac qui restera au fond du placard. »

 

Aux yeux de cette mère de famille, les épiceries zéro déchet offrent toutefois trop peu de choix aux consommateurs. Cela l’oblige à compléter sa liste d’épicerie dans les grandes chaînes d’alimentation. « Mes enfants adorent les croustilles d’algues, mais les épiceries zéro déchet n’en proposent pas forcément. J’aime aussi avoir plein de choix de tisanes », confie-t-elle.

« Ce sont des épiceries de quartier avant tout », estime Sonia Haddad, qui avoue faire ses courses dans le commerce sans emballage de son secteur surtout parce qu’il se trouve à proximité de chez elle.

« L’offre va avec la demande. Les produits biologiques étaient demandés, alors on a fini par les faire rentrer dans la plupart des grandes épiceries. Ça pourrait être la même chose avec le vrac qui donne la possibilité d’acheter la quantité souhaitée », explique M. Michaud. D’après lui, il faut avant tout changer les habitudes de consommation des Québécois, la demande doit venir d’eux. « Tant que les gens vont accepter de prendre des carottes ou des pommes de terre en paquet de six, sans s’offusquer du suremballage, les épiceries vont continuer à le faire. »

Le gros du travail reste de convaincre les plus grands producteurs. « C’est difficile pour tout ce qui vient de l’extérieur; tout est emballé, les fruits et légumes surtout. Les sacs sont recyclables, mais ça reste un emballage de trop », se désole de son côté Thomas Tiberghien, moins optimiste

À ses yeux, les épiceries zéro déchet ne font pas le poids à l’heure actuelle face aux grands producteurs. « En étant de plus en plus nombreux, on pourra davantage faire pression sur eux et ainsi changer les mentalités », espère-t-il.

Paola Mijia rentre pour la première fois dans une épicerie zéro déchet, qui valorise les produits locaux et cherche à limiter les produits emballés.Réduire le suremballage, oui, mais le supprimer totalement semble peu envisageable selon Renée Michaud, du CIRAIG. Elle rappelle que l’emballage est nécessaire à la conservation des aliments frais provenant de l’extérieur du Québec. « C’est justement pour éviter le gaspillage qu’on emballe les aliments frais que l’on importe; on veut mieux les conserver entre leur production et leur consommation. Il reste qu’il y a du suremballage, mais on ne pourra jamais tout supprimer », pense-t-elle.

Source : Le devoir

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