L’association Dessins sans papiers donne la parole aux migrants

Tout l’été, des migrants réfugiés à Paris ont pu s’exprimer grâce à l’association Dessins sans papiers, qui demande aujourd’hui des dons pour publier un recueil des dessins et des témoignages.

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Le dessin, une langue universelle. C’est ainsi que les membres de l’association Dessins sans papiers voient ce projet, qui donne lieu maintenant à une collecte sur Ulule pour imprimer 1 000 exemplaires du livre qui rassemblera les dessins et les témoignages. Cet été, les membres de l’association sont allés à la rencontre des migrants dans les camps de Paris pour changer un peu les rôles, qu’ils aient la possibilité de faire un don, le don de leur histoire, souvent très éprouvante. L’asso a donc mis du papier et des feutres à la disposition des migrants pour engager un échange. Peu importe la langue parlée, avec ce moyen d’expression, tout le monde peut raconter son histoire, notamment les conditions de vie dans son pays, ou son quotidien en France, en passant par le dangereux voyage qu’ils ont souvent dû endurer.

“Leurs dessins nous montrent des villages en feu, des milices qui tirent sur des hommes à terre, des mers houleuses, des oiseaux fatigués, des maisons qui s’ouvrent sur des jardins, des messages d’amitié accrochés à la tour Eiffel. Ils nous expliquent ce qu’ils ont fui et pourquoi ils ont besoin de notre hospitalité.”

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L’un des premiers participants aux ateliers de dessin est Mohamed Nour Wana. Il est arrivé à Paris en juin, après avoir fui la guerre en Libye. Ce jeune poète originaire du Tchad a donné son nom au projet. C’est aujourd’hui l’ambassadeur de Dessins sans papiers : “Je suis la voix des sans-papiers qui parle à la place de l’autre sans-papiers“, a-t-il écrit dans un poème.

Pour nous présenter ces témoignages authentiques, l’association a choisi cet automne de rassembler 200 dessins dans un livre. Ils seront accompagnés de photos des ateliers et d’une introduction traduite en anglais. Un projet lancé sur la base du crowdfunding. L’association compte sur les donateurs pour récolter 3 800 euros jusqu’au 17 décembre 2016, ce dont elle a besoin pour éditer 1 000 exemplaires. La vente des ouvrages est prévue pour début janvier et elle leur permettra de reverser 5 euros par exemplaire à des associations qui organisent des cours de français pour les migrants comme le Collectif parisien de soutien aux exilé-es (CPSE), le Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants (BAAM) et l’école Thot.

Même après la publication du livre, les ateliers se poursuivront. “Nous allons continuer à organiser des ateliers parce qu’ils sont des occasions de se rencontrer, et de faire circuler les dessins […].” Une page Facebook continue également de relayer les dessins et permet aux bénévoles de garder un contact avec les migrants qu’ils ont rencontrés. Une page Instagram existe également. Il faut préciser que cette initiative ne consiste pas simplement à informer le citadin bien au chaud sur la situation des migrants mais aussi à créer une communauté de soutien avec de vrais échanges, que ce soit entre deux personnes dans la même situation ou entre un riverain et l’homme qui dort en bas de chez lui.

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Source : Konbini

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